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La Garrigue est ce pays Nîmois situé à l'Est de Nîmes où fut redécouvert la Combe des Bourguignons sur la commune de Marguerittes.

Santon : Rachalan de la GarrigueSanton : Rachalan de la Garrigue

De façon générale, en botanique, la garrigue (du provençal garrigo) est une formation végétale caractéristique des régions méditerranéennes, proche du maquis.

Cette formation, qui s'établit dans les massifs calcaires en terrain sec et filtrant, résulte en général de la dégradation de la forêt de chênes verts, qui passe progressivement à des peuplements de pins d'Alep, puis à la garrigue.

La garrigue n'a pas toujours été ce « désert » aride livré aux promeneurs que nous voyons. Autrefois elle était le lieu d'une importante activité.

Sans parler des nombreux vestiges préhistoriques et médiévaux (mégalithes, châteaux forts, cavernes fortifiées par les camisards, ermitages...), des troupeaux de chèvres ou de moutons y paissaient, des verriers alimentèrent leurs fours avec son bois dès le Moyen Âge, des bouscatiers y coupaient puis brûlaient le bois pour livrer les villes en charbon, des chaufourniers y bâtirent leurs fours à chaux près des zones les plus boisées, des ruscaïres (écorceurs) y prélevaient plusieurs types d'écorces à destination des tanneurs, des équipes entières de ramasseurs y récoltaient la lavande sauvage, l'aspic, et la ramenaient pour la distiller, une foule de petits propriétaires y défrichait un arpent pour y planter des oliviers ou de la vigne, l'épierrait et y construisirent des terrasses et ces cabanes en pierre sèche que l'on appelle communément (surtout dans le Gard) capitelles...

La révolution industrielle du 19ème siècle a ramené à l'abandon ces terres, où qu'elles soient.

La région de Nîmes possède d'autres zones qui sont des garrigues, ne serait ce que la zone du camp des garrigues sous le Gardon ou la commune de garrigues à l'Ouest de Nîmes.

Santon : Rachalan de la GarrigueSanton : Rachalan de la Garrigue

Sur la commune de Marguerittes, en 1989, un violent incendie ravageait les collines dominant la cité. Cette catastrophe mettait au jour un ensemble très important de capitelles et de constructions en pierres sèches édifiées par les Rachalans du XVIIème au XVIII siècles, au lieu-dit "la Combe des Bourguignons".

Les ouvriers taffetassiers et tisserands vont se construire des masets dans cette zone, des petites maisons rurales, une métairie - une ferme - comme on dit ailleurs. Ce maset est donc un petit mas, un petit champ avec une petite maison, et c'est ainsi qu'on le conçoit à Nîmes.

Le maset désigne aussi bien l'ensemble, champ et habitation, que l'habitation seule de l'enclos.

Le tisserand va acquérir son coin de garrigue, le débarrasser des broussailles, des nombreuses pierres qui jonchaient le sol, les déposer tout autour de son champ et ainsi y dessiner son enclos. Il va niveler le sol, l'aménager en petites terrasses pour y retenir le peu de terre végétale ; puis, son champ préparé, il va y réaliser une petite exploitation agricole faite de vignes, d'amandiers et d'oliviers.

Le travail de ces ouvriers du Dimanche n'est pas suffisant. Le Rachalan est inventé. Le Rachalan, en langage vulgaire lou racho ou travaiadou, est l'ouvrier agricole travaillant dans la Garrigue, cultivant un bout de champ à lui, soignant particulièrement ceux des autres et faisant les travaux de culture et d'entretien que ne peut faire le masetier lui-même, taffetassier, artisan ou bourgeois, occupé ailleurs. Il possède un âne, son inséparable compagnon de travail.

Cet âne est un véritable capital pour le travaiadou ; il porte un bât avec de chaque côté une banaste, pour transporter outils et eau, tout ce qui est nécessaire aux cultures, et à descendre en ville les récoltes diverses de la Garrigue : olives, raisins amandes, etc.

Pendant les moissons dans la plaine, les rachalans vont aider les paysans et ainsi grappiller quelques revenus supplémentaires sous forme de monnaie mais aussi de raclage des pailles non ramassées.

Le rachalan vit pauvre, ne désire pas beaucoup la richesse ; s'il a peu de besoins, il ne cherche pas à s'en créer d'autres ; il vit dignement, ni trop heureux, ni trop malheureux, il est plus à envier qu'à plaindre et l'on doit au moins l'estimer.

Alors il mérite d'être dans la crèche.

Une santonnière, Lou Christou, l'a mis en forme dans sa collection de façon superbe. Avec son âne, ses pierres dans les banastes, sa gargoulette de vin qui lui permettait de se rafraîchir dans son dur labeur.

Santon : Rachalan de la GarrigueSanton : Rachalan de la Garrigue
Santon : Rachalan de la GarrigueSanton : Rachalan de la Garrigue
Santon : Rachalan de la GarrigueSanton : Rachalan de la Garrigue

Et à cette époque là, une chanson lui était dédiée dont le refrain est le suivant

LA CANSOUN DI RACHALAN

L’aubo lusis, d’aut! rachalan,
D’aut! Qu’au lié i’a d’espigno.
La biasso au col, l’ase davans,
Caminen vers la vigno.
L’èr es fres, lou cièl es bèu,
E deman plóura belèu.
En estrifant la terro,
Cregneguen pas ni fre ni caud,
E tenguen la misèro
Liun de nòstis oustau.

L'aube se lève, Courage ! Rachalan
Courage ! Au lit, il n'y a de monnaie.
Le sac en bandoulière, l'âne devant,
Marche vers la vigne.
L'ai est frais, le ciel est beau,
Et demain il pleuvra peut être.
En raclant la terre,
Et ne craindras pas ni froid ni chaud,
Et tu as la misère
Loin de notre maison.

Tag(s) : #Santon et Santonnier

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