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Les Occitans durs et purs sont ceux-là mêmes qui ont voulu faire une manifestation à Montpellier le 24 Octobre 2015 sous une bannière unitaire, si unitaire que la seule langue admise y était l'Occitan dans sa graphie dite normalisée.

Leur Unité se résume à une volonté stricte d'exclusion de la langue provençale au prétexte qu'elle n'est qu'un dialecte quasi abâtardi de la belle langue racine qu'est cet occitan classique, la seule vraie langue occitane, celle quasi écrite et parlée de façon uniforme par les troubadours du 10ème au 14ème siècle, à l'époque où l'imprimerie n'existait pas et où la transmission orale dominait le monde.

Va-t'en comprendre cette supériorité si, derrière cela, il n'y avait une volonté jacobine de création d'une grande Occitanie avec pour but une certaine séparation de l'Etat Français. Et, pour le démontrer, il suffit de voir les positions du Parti Occitan ou de quelques élus socialistes et écolos des régions Toulouse Midi Pyrénées et Languedoc Roussillon.

J'ai déjà pu expliquer tout ça ici et là :

Ainsi René Merle, historien des usages linguistiques dans son blog : http://merlerene.canalblog.com peut écrire, et je résume, que de façon naturelle l'idiome Provençal est

"naturel, c'est celui hérité des familles, de l'entourage.
Avec l'apparition de l'imprimerie, les (rares) pièces dans l'idiome destinées aux lecteurs du Comté de Provence sont en "langage provençal". ... En 1595, dans Marseille, pratiquement, république indépendante, sont publiées les Obros et rimos prouvençalos, de Loys de la Bellaudiero, Gentilhomme Prouvenssau... On peut égrener ensuite, sur le long terme des XVIIème et XVIIIème siècles, la liste des textes…imprimés dans l'idiome natal, on peut aligner les définitions des quelques dictionnaires qui lui sont consacrés, c'est toujours le mot "provençal" que l'on rencontre. "Provençal", le langage d'une communauté façonnée par l'histoire et la géographie, dans la solidarité parfois conflictuelle de la "Baissa" et de la montagne, communauté qui fut d'Empire et pour laquelle le Rhône est encore frontière avec le Royaume..."

Ainsi l'auteur continue ses doctes explications pour démontrer qu'au 18ème et début 19ème tout était en œuvre pour réaliser l'union des langages de l'Occitanie dans leurs diversités.

" Le grand dictionnaire d'Honnorat (1846-1848) s'intitule plus largement Dictionnaire provençal-français, ou Dictionnaire de la langue d'Oc ancienne et moderne, suivi d'un Vocabulaire franco-provençal."

Et là, commence la démonstration ultime et fracassante :

" On sait que la création du Félibrige par Roumanille et Mistral, en 1854, signa la fin de cette entreprise de regroupement, en se repliant d'abord sur l'espace strictement provençal, avec son Armana prouvençau. Repliement qui, une fois assurées l'existence du Félibrige, et son organisation sur tout l'ensemble linguistique d'Oc, sera suivi à nouveau par une phase de dilatation de la définition, consacrée par le grand dictionnaire de Mistral (1878-1886) : Lou Tresor dóu Felibrige, ou dictionnaire provençal-français embrassant les divers dialectes de la langue d'Oc moderne."

Ainsi le Félibrige fut construit dans un seul but, rédiger le Dictionnaire et publier l'Armana Prouvençau, et détruire le regroupement évident qui se réalisait de tous les idiomes occitans…

Ainsi le Provençal de Mistral et Roumanille est bâti par une secte séparatiste….

Heureusement, l'auteur ouvre l'espoir, à la sortie de la guerre :

" Il en ira autrement après la seconde guerre mondiale, et tout particulièrement après la grande secousse de 1968. Nombre de jeunes gens, étudiants, enseignants, intermittents du spectacle, néo-ruraux, de sensibilité de gauche et d'extrême gauche, néo-proudhoniens, libertaires, adopteront les thèses de Robert Lafont et de l'Institut d'Estudis Occitans, et combattront une maintenance mistralienne jugée passéiste, conservatrice, voire maurrassienne. À la clé, l'usage du mot "occitan", joint à l'adoption d'une graphie inspirée des graphies classique et catalane, devant permettre l'intercompréhension écrite immédiate entre parlers. La norme nouvelle forgerait la Nation, nation fantôme certes, mais Nation quand même..."

C'est donc bien d'une Nation Occitane dont il s'agit, et mieux encore, une Nation de Gauche car, et c'est évident, c'est écrit par l'interlocuteur, les tenants du respect du Provençal sont de droite, pire même fascisant puisque Maurassiens…

L'auteur va finir par une position qui se veut très consensuelle, malgré ce procès en bonne et due forme réalisé au préalable.

"… un quelconque nationalisme, qu'il soit provençal ou occitan, ne correspond à aucune aspiration populaire (à la différence des affirmations identitaires urbaines, comme à Marseille ou Nice par exemple)."

"….. je ne pense pas qu'il y ait une "juste" appellation. Personnellement, je dis que je parle "provençal", et que ce provençal est un rameau de la famille d'Oc. Pour le reste, je ne pense pas que ce soient des associations qui puissent imposer une appellation d'usage, et qu'il faut en la matière observer, et respecter, l'usage du plus grand nombre".

C'est bien cette conclusion qui devrait être respectée par tous, et pour le moins par les élus.

Il faut observer, et respecter, l'usage du plus grand nombre.

Et en se promenant partout, n'en déplaise aux tenants de l'Occitanisme, la langue comprise, lue et parlée par ceux qui s'intéressent à la Provence est bien le Provençal tel que mis en écriture par Mistral avec ses différences dans le Provençal Maritime ou Gavot.

Mais quelques tenants d'un Occitan violent tentent de modifier tout cela et généralement ce sont des hommes de Gauche, tel le Maire Socialiste de La Seyne sur Mer.

Il réalise ses vœux et les affiche en Français bien sûr, mais aussi en Occitan

Rien en Provençal. Le racisme Occitan est une réalité encore démontrée.

Vœux Occitans de La Seyne sur Mer

Et c'est là qu'on peut encore éclater de rire….!!!

Le journal Aquo d'aqui http://www.aquodaqui.info/ s'enflamme pour cette réussite.

Un Maire Occitan donne ses vœux en Occitan.

"L’initiative est bien trop rare en Provence pour qu’on la passe sous silence.

La Ville de La Seyne, 65 000 habitants aux portes de Toulon, présente ses vœux à la population en français et en occitan.

L’affichage municipal en ville adopte, sur fond de plage, d’onde et de ciel bleu légèrement nuageux, le message suivant : Marc Vuillemot, cònse de La Sanha, e lo consèu municipau, vos porgisson sei vòts. Bòna annada 2016.

L''année est notée en bleu-blanc-rouge, et la mention « Liberté Egalité Fraternité » suit en français.

Les vœux en occitan sont aussi proposés en français. L’initiative, avec un texte simple et clair, permettra ainsi aux francophones intégraux de La Seyne de s’initier facilement à la langue régionale dont on espère qu’ils chercheront à l’apprendre « una briga ».

Le texte choisi par la municipalité de Marc Vuillemot, maire PS occitanophone depuis 2008, fera toutefois débat. Sur le fond, sans doute personne n’aura à redire, mais sur la forme, on pourra préférer lire « …vos sovetan una bòna annada » de la part du « premier cònsol de La Seina ».

Mais la discussion entre lexicographes passera bien derrière l’acte symbolique. La ville littorale affiche son occitanité dans le cadre de la République française.

Pourvu qu’elle fasse des émules ! "

Et ainsi on y apprend avec plaisir que le Maire présente ses vœux en Occitan et condescend à les traduire en Français pour " permettre ainsi aux francophones intégraux de La Seyne de s’initier facilement à la langue régionale"

Quelle bonté de la part des Occitans de bien vouloir parler aussi en Français…

Mais ensuite, on a droit à une petite bagarre pour préciser que ce qui est écrit n'est pas bien écrit car cet Occitan si bien codifié, si universel, l'est si peu que ce qu'écrit l'occitaniste parfait et Maire de La Seyne est finalement mal écrit.

On retrouve là le même combat inquisiteur et donneur de leçons que cette leçon donnée par le Cercle Occitan d'Arles et que j'avais décrite ici :

Et ce sont ces mêmes Occitans libérateurs qui expliquent que les associations de défense de la Provence sont de droite, voire d'extrême droite et même pire fasciste.

Tag(s) : #Défense de la Provence

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