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Patache, en Provençal "patacho" ou "petacho", est un mot qui vient de l'espagnol "petaca", ou du portugais "patacho" ou de l'italien "patacca".

Ces nombreuses origines dans d'autres langues montrent bien que ce mot a eu en son temps une grande signification.

Patache, la définition.

À l'origine, la patache était un navire affecté au service d'un autre plus important, pour effectuer de petites missions, porter le courrier, etc. C'était aussi le petit navire de la douane et du fisc pour rejoindre les gros navires afin d'appliquer les taxes diverses avant l'accostage.

Par extension, dès le règne de Louis XI, c'est devenu le nom des grosses charrettes à deux roues et non suspendues puis des coucous, voitures à deux roues, qui assuraient le transport de passagers.

Puis on appela patache toute voiture hippomobile lourde, lente, de mauvaise qualité, comme pouvaient l'être de vieilles diligences. Les propriétaires ou exploitants de pataches étaient les patachiers, ceux qui en assuraient la conduite ou la garde, les patachons, bien connus pour leur vie dissipée, car ils menaient une vie de débauche, expression toujours actuelle sans qu'on en connaisse obligatoirement l'origine, celle des conducteurs vivant de ville en ville.

Puis la Patache est devenue dans nos régions, à habitat dispersé, ces petites diligences peu confortables puisque de trajets petits qui devaient relier hameaux et petits villages au plus grand et surtout à celui où passait la diligence inter grande cité.

Le site du Conseil Départemental de la Drôme explique ainsi l'évolution des transports sur le 20ème siècle par un article intitulé :

http://www.ladrome.fr/la-drome/photos-videos/multimedia/de-la-patache-au-tgv

De la patache au TGV

Hier, il fallait autant de temps pour se rendre en patache de Valence à Nyons qu’aujourd’hui pour faire un Valence- Paris en TGV.

En un siècle, l’évolution des infrastructures et des moyens de transports a réduit le temps et les distances, bouleversé le quotidien des Drômois et largement contribué au développement économique et touristique de la Drôme.

Cet article fait d'images anciennes à récentes commence par celle d'une superbe patache.

Le Musée du Palais du Roure à Avignon possède en exposition la patache qui faisait la liaison entre Maillane et Graveson pour rejoindre la diligence qui joignait Arles à Avignon ou celle qui joignait Tarascon à Avignon.

Francis Ruiz, créchiste, la patache de MaillaneFrancis Ruiz, créchiste, la patache de Maillane

Ces deux diligences étaient importantes dans la vie de Frédéric Mistral puisque, jeune homme, elles lui ont permis d'aller du Mas du Juge, chez son père à Maillane à Avignon où il faisait ses études de lycéen.

Mais cette patache et la diligence sont importantes pour lui aussi pour recevoir ses amis qui viennent de Paris ou d'ailleurs lui rendre visite comme Alphonse Daudet qui vint très souvent.

L'hôtel de Baroncelli-Javon est surnommé par Frédéric Mistral qui le fréquente, « Palais du Roure » c'est-à-dire palais du chêne. C'est cette propriété du marquis Folco de Baroncelli-Javon qui devient un foyer du félibrige. Le Palais vendu subi de multiples dégradations mais est sauvé en 1918 par Jeanne de Flandreysy qui va y créer une fondation sur l'histoire et la sociologie régionale. La ville d'Avignon en assume la continuité depuis plus de 60 ans.

Madame Jeanne de Flandreysy rachète la Patache de Maillane destinée à la destruction. Elle n'a plus d'usage à cette époque de motorisation et il faut la sauver des hangars où elle serait partie en décomposition. A la réfection des toitures, elle est hissée dans les greniers où elle se trouve encore.

Ce rachat a lieu en 1925.

Francis Ruiz, créchiste, la patache de Maillane
Francis Ruiz, créchiste, la patache de MaillaneFrancis Ruiz, créchiste, la patache de MaillaneFrancis Ruiz, créchiste, la patache de Maillane
Francis Ruiz, créchiste, la patache de MaillaneFrancis Ruiz, créchiste, la patache de MaillaneFrancis Ruiz, créchiste, la patache de Maillane

C'est lors de ma première visite, en 2013, à ce Palais que je me suis dit qu'il m'en fallait un exemplaire pour ma crèche. Envie encore plus grande suite à une autre visite :

http://l-estrangie-e-li-santoun.over-blog.com/2015/09/avignon-palais-du-roure-1-2.html

J'avais trouvé un amateur, fabricant de nombreuses roulottes, et il a commencé à satisfaire mes envies. J'ai donc une diligence.

http://l-estrangie-e-li-santoun.over-blog.com/2015/09/amorasterix-charrettes-et-pataches.html

Au salon d'Arles 2015, j'ai pu observer le travail de Lucas, réalisé pour Sylvie de Marans, voir :

http://l-estrangie-e-li-santoun.over-blog.com/2016/01/arles-58eme-salon-des-santonniers-1-2.html

Et j'ai pu prendre contact avec lui pour qu'il m'en réalise une. Ma requête a été satisfaite et je vous ai montré ce superbe travail ici :

http://l-estrangie-e-li-santoun.over-blog.com/2016/08/malemort-du-comtat-lucas-crechiste.html

En Novembre 2015, au salon de Tarascon, j'avais fait connaissance d'un artiste d'Arles, créchiste de qualité, qui fait entre-autre des caravanes de gitans fantastiques, comme j'ai pu le dire ici :

http://l-estrangie-e-li-santoun.over-blog.com/2015/12/tarascon-marche-aux-santons-2015.html

Je suis rentré en contact avec lui, je lui ai fait part de mes souhaits et lui ai proposé de me réaliser lui aussi une patache.

Ce sont les différentes courbes de l'engin qui l'ont obligé à réfléchir, mais quelle réflexion !

Nous nous sommes rencontrés chez lui où il m'a montré ses premiers essais et toutes ces autres œuvres, à voir ici :

http://l-estrangie-e-li-santoun.over-blog.com/2016/09/arles-crechiste-francis-ruiz.html

Un travail d'artiste et ses premières pataches étaient superbes. Nous avons pu discuter, le 2 Septembre 2016, de ce que je désirais voir comme modification sur ses premières créations et, promesse prise, nous devions nous revoir d'ici la fin de l'année.

Mais Francis Ruiz aime les défis et il s'est mis au travail immédiatement pour réaliser une patache pour des santons de 7 cm la plus proche possible de la pièce exposée à Avignon.

Et là, c'est à une vitesse grand V, qu'en plus de sa production normale et de ses autres activités, il a commencé à me réaliser mon rêve.

Cette brève histoire que voilà, pour vous montrer la précision et la qualité du travail.

Le 4 Septembre, la forme est mise en place, l'arrondi du bas de caisse, tant craint, est réalisé et les plancher, sol et toit sont posés, avec même le détail des planches disjointes et des clous qui les tiennent.

Francis Ruiz, créchiste, la patache de MaillaneFrancis Ruiz, créchiste, la patache de Maillane
Francis Ruiz, créchiste, la patache de MaillaneFrancis Ruiz, créchiste, la patache de Maillane

Le 5 septembre, l'avant est fixé avec son décroché pour laisser passer les roues avant lorsqu'elles tournent, une première couche d'apprêt qui va permettre de saturer puis poncer les bois est mise en place, blanc à l'extérieur, marron à l'intérieur.

Francis Ruiz, créchiste, la patache de MaillaneFrancis Ruiz, créchiste, la patache de Maillane
Francis Ruiz, créchiste, la patache de MaillaneFrancis Ruiz, créchiste, la patache de Maillane

C'est alors le 7 septembre, la présentation des roues, la mise en place du timon et la pose de la porte arrière qui n'est pas seulement dessinée mais réellement construite à part puis insérée.

Francis Ruiz, créchiste, la patache de MaillaneFrancis Ruiz, créchiste, la patache de MaillaneFrancis Ruiz, créchiste, la patache de Maillane
Francis Ruiz, créchiste, la patache de MaillaneFrancis Ruiz, créchiste, la patache de Maillane

Le 8, c'est la première couche de vert, de marron ou de jaune.

Francis Ruiz, créchiste, la patache de MaillaneFrancis Ruiz, créchiste, la patache de MaillaneFrancis Ruiz, créchiste, la patache de Maillane

Le 10, tout commence à prendre forme. Les ferrailles en cuivre pour faire les accoudoirs sont posées, les montants de bois exposés sont entourés de cuivre plat, les lanternes blanches et rouges sont créées. Les tissus de jute pour les bancs sont préparés et Francis Ruiz m'envoie des photos pour me proposer une variante, il me propose des gardes roues qu'il a cintrés.

Francis Ruiz, créchiste, la patache de MaillaneFrancis Ruiz, créchiste, la patache de MaillaneFrancis Ruiz, créchiste, la patache de Maillane
Francis Ruiz, créchiste, la patache de MaillaneFrancis Ruiz, créchiste, la patache de MaillaneFrancis Ruiz, créchiste, la patache de Maillane

Je suis entièrement d'accord et le 12, la patache est quasi finie, les équipements mis en place, une corde sur le côté au cas où il faille se faire sortir d'une ornière, les bancs sont revêtus de toile, des bagages avec poignées, renforts métalliques sont même réalisés.

Francis Ruiz, créchiste, la patache de MaillaneFrancis Ruiz, créchiste, la patache de Maillane
Francis Ruiz, créchiste, la patache de MaillaneFrancis Ruiz, créchiste, la patache de Maillane

Le 15, la toile du toit et les panneaux indicateurs

Francis Ruiz, créchiste, la patache de MaillaneFrancis Ruiz, créchiste, la patache de Maillane
Francis Ruiz, créchiste, la patache de MaillaneFrancis Ruiz, créchiste, la patache de Maillane

Je n'avais plus qu'à récupérer mon bien. Le salon de Nîmes, Gard aux santons, était l'occasion. Nous aurions dû nous y voir mais mon absence a été palliée par l'utilisation d'un intermédiaire de transport, la santonnière Colette que je remercie.

Et voilà mon bijou ici, c'est mon plaisir de vous en détailler la construction et de vous montrer cet engin fini.

La patache finie

Francis Ruiz, créchiste, la patache de MaillaneFrancis Ruiz, créchiste, la patache de Maillane
Francis Ruiz, créchiste, la patache de MaillaneFrancis Ruiz, créchiste, la patache de Maillane

Les détails qui montrent la qualité du travail, le plancher intérieur et le banc en toile, l'arrondi de la caisse, le marche pied à l'arrière, poignée de porte, les seaux en bois pour donner à boire aux chevaux, les lanternes, rouges à l'arrière, banches devant, les freins, le siège du patachier avec les tiroirs pour ses outils, le fouet, la manette de frein, le marche-pied au-dessus de la roue avant, le repose pied pour étendre ses jambes, les fers de finitions sur les tranches des bois, l'attelage qui est mobile et qui tourne autour de chevilles et non de rivets métalliques.

Francis Ruiz, créchiste, la patache de MaillaneFrancis Ruiz, créchiste, la patache de MaillaneFrancis Ruiz, créchiste, la patache de Maillane
Francis Ruiz, créchiste, la patache de MaillaneFrancis Ruiz, créchiste, la patache de MaillaneFrancis Ruiz, créchiste, la patache de Maillane

Et suffisamment de places pour installer mes personnages assis à l'intérieur, 4 à 6 places comme à l'époque, puis le toit refermé, des personnages sur le dessus qui eux étaient moins à l'abri et ne payaient pas le même prix, et le côcher prêt à recevoir les rennes de l'attelage qui va venir bientôt.

Francis Ruiz, créchiste, la patache de MaillaneFrancis Ruiz, créchiste, la patache de MaillaneFrancis Ruiz, créchiste, la patache de Maillane
Francis Ruiz, créchiste, la patache de Maillane

Merci l'artiste et à bientôt de vous voir sur les stands des foires où vous serez, toutes citées lors de mon passage chez vous comme je l'ai relaté en début de Septembre.

Tag(s) : #Santon et Santonnier

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