La commune de Château Arnoux Saint Auban est située dans les Alpes de Haute Provence, le long de la Durance.
Cette commune porte son nom par la dualité de la commune ancienne médiévale de Château-Arnoux, et la création de la cité industrielle qui s'est constituée dans le village de Saint-Auban lors de la première guerre mondiale par la création d'une usine de fabrication d'armes chimiques.
Cette journée du 1 Février 2015 nous est proposée par Jean-Pierre Cassely, guide conférencier, conteur de rues.
http://www.provence-insolite.org/
Le rendez vous est donnée devant le monument aux morts de Château-Arnoux, monument qui mérite, à lui seul déjà, le détour. Le Maire du village, à la sortie de la guerre, fit un poème contre la guerre qui sert de support à ce Monument. Il y est gravé l'inscription pacifiste « Pax, Vox Populi », titre du poème.
Ce monument représente un homme qui brise son glaive sur son genou ; derrière lui, une femme pleure. Au sommet, un globe terrestre est entouré d’un rameau.
PAX... VOX POPULI
Passant incline-toi devant ce monument !...
Vois cette femme en deuil montrant les hécatombes
Ses yeux taris de pleurs, scrutent au loin les tombes
Où dorment tant de preux, victimes du moment !...
Ils firent ces héros le solennel serment
De fermer à jamais les noires catacombes
Arrières, disent-ils, les obus et les bombes
Et sois bénie, ô paix, sœur du désarmement !...
Passant, incline-toi ! Regarde cette mère !...
Elle clame à son fils : « la gloire est bien amère
La gloire, ô mon enfant, est là, chez nos grands morts
Mais, sache désormais, que la guerre est un crime
Qu’elle laisse après elle, à de cuisants remords,
Ceux qui firent sombrer les peuples dans l’abîme.
Victorin Maurel, maire de Château-Arnoux (1868-1935), instituteur
Le sujet principal de cette journée, la danse des "Bouffets" va pouvoir commencer. Cette danse paillarde avait lieu au Carnaval.
Très répandue en Provence au XIXème et au début du XXème siècle, cette danse a quasiment disparu de Provence. Elle porte le nom de "Boufflaculs" dans le Jura, "Soufflaculs" dans le Périgord, "La danse du soufflet" ou "Buffatière" dans le Languedoc, La danse Tiga-tiga-tiga catalane ou des Tio-Tios dans les Pyrénées Catalanes.
Dans la Collégiale Notre-Dame de Villefranche de Rouergue, un bas-relief sur l'une des stalles du XVème siècle (chef d'œuvre d'André Sulpice, sculpteur marvejolais), représente une scène de danse du soufflet, attestant ainsi l’ancienneté de cette coutume...
Cette danse paillarde n'est dansée que par des hommes revêtus de blanc, la pureté, qui dansent à "pèd cauquet", à cloche pieds, avec des grelots aux jambes. Ils frappent ainsi le sol régulièrement, façon de réveiller la terre, mais aussi de faire peur aux esprits malfaisants, les grelots utilisés aussi avec les crécelles, dans les maladies comme la lèpre ou autres maladies.
Ils soufflent avec des soufflets qui sont la représentation du sexe masculin de la farine blanche, ensemencement symbolique de la terre. Ils soufflent aussi sous les jupes des filles, et marquent celles dont la renommée est moins pure d'un trait de suie noire.
En pays catalan, le "tiga-tiga" ou "tio-tio" associe le feu avec le port d'un livre ancien sur le dos du meneur de jeu, livre impossible à lire pour certains danseurs et les autres cherchent à y mettre le feu, le symbole aussi du renouveau, le symbole de la destruction de l'ancien livre (l'ancien testament) au profit du livre nouveau (le nouveau testament).
La chanson principale qui rythme cette danse comporte des couplets très paillards comme celui-ci :
"Sian uno bando de bravo jouventuro
Avèn un grand fue que nous brulo
Se sian imagina pèr se lou fa passa
De prendre dei boufet au cuou se fa boufa
Au cuou se fa boufa au cuou se fa boufa"
dont la traduction peut être:
"Nous sommes une troupe de joyeux jouvenceaux
Nous avons un grand feu qui nous brûle
Nous avons imaginé pour se le faire passer
De prendre des soufflets et se souffler au cul
Et se souffler au cul et se souffler au cul."
Dans le midi, la langue d’Oc est très… directe, et ces couplets sont donc souvent forts savoureux !
Par exemple, le second jeu de mots joue sur cul/ quiou qui se prononce aussi “tiou” comme dans al tiou ”au tien”.
C'est ce jeu de mot qui a donné le nom de "Tiga-tiga" ou "Tiotios" à cette danse qui existe encore très profondément dans le pays Catalan.
Sources principales de mes informations :
http://espritsoufflaculs.cultureforum.net/t201-origine-de-la-danse-du-soufflet-ou-buffatiere
Existence si ancienne donc qui a permis à Anne Salvatella de faire des santons réussis, santons que j'avais présentés ici :
Anne Salvatella, santonnière d'EUS, Pyrénées Orientales - l'estrangiè e li santoun
Ce 15 Juillet donc, départ très tôt de notre village pour rejoindre les Pyrénées Orientales. Il s'agit ce jour d'aller visiter EUS, village de 400 habitants adhérentdes plus beaux villages de...
Les Bouffets Jarlandins existent depuis 5 ans pour tenter de remettre à l'ordre du jour cette danse, ce que nous sommes venus voir avec plaisir.
http://www.patrimoine.alpes-haute-provence.fr/la-danse-des-bouffets/
Ils se préparent sur la place du monument aux morts et partent vers la place de la Mairie où le spectacle va avoir lieu.
Le spectacle a lieu dans le soleil levant et en présence des musiciens tambourinaires et galoubets.
Un autre groupe est venu pour participer à cette fête, groupe qui joue de la cornemuse musette, musette du Berry. Et contrairement aux idées reçues et véhiculées quasi partout, la cornemuse n'est pas un instrument apporté par les Celtes, mais qui provient bien des Indes par l'Empire Romain. La musette est avec un seul bourdon et ne doit pas être confondu avec le biniou breton. Dans le cas présent, le groupe qui joue porte un nom ravissant : "Bourrée du Soir au Matin", "BSM" donc.
Pour continuer cette matinée, Jacque Dalcant, président de l’association du patrimoine, nous a concocté une visite accompagnée de l'escalier du Château, château inscrit aux monuments historiques mais surtout escalier classé. Ce Château a été acheté par la population du village elle-même en 1947 pour en faire sa mairie.
Château d’époque Renaissance mais de style gothique, en partie classé et en partie inscrit monument historique. Il est construit par Pierre de Glandevez, vers 1510-1515, le château étant achevé avant 1530, sur un ancien château fort. De l’ancien château, subsistent des meurtrières bouchées et une archère canonnière dans l’une des tours. Il est accosté de cinq tours, deux rondes, deux carrées et une hexagonale dans laquelle se déploie un monumental escalier, de 84 marches, orné de sculptures Renaissance représentant des personnages mythologiques, sauf au premier étage, où le couple commanditaire (Pierre de Glandevès et Madeleine de Villemus) est représenté.
La fin de la matinée est consacrée à la visite de la Chapelle Saint Jean, restaurée depuis 25 ans par l'association des Amis de la Chapelle Saint Jean.
Cette chapelle est située sur la montagne au dessus du village actuel, où fut situé l'ancien Château, détruit au Moyen Age lors des Guerres de religion.
Cette Chapelle est superbement décorée par des œuvres de Bernar Venet, artiste mondialement connu, né au village et qui a fait don de ses œuvres dont ses vitraux qui possèdent des plombs de plus en plus fins en montant dans le vitrail, expression de l'élévation de l'homme qui monte au ciel.
Les Bouffets Jarlandins ont organisé pour le repas de midi un aïoli parfait et pendant ce repas, les danseurs se sont déchaînés pour nous contenter.
L'après midi reprend par la visite de deux monuments du village voisin, Volonne, village médiéval qui possède un château du XVIIème siècle à l'histoire particulière. Le village est surplombé entre autre par deux tours dites sarrasines bien que plus tardives (XIV et XVème siècle).
Ce château est propriété de 3 occupants, la Mairie pour partie et deux occupants privés qui y ont des appartements à la location. Cette situation rend dommageable l'entretien de l'escalier monument classé pour ses gypseries.
La salle du conseil municipal possède des gypseries du XIXème siècle.
L'escalier qui dessert les appartements est celui qui possède des gypseries du XVIIème siècle de toute beauté qui a valu le classement aux monuments historiques.
Cette décoration est due au propriétaire qui voulait épouser une noble, et la famille ne voulait pas de ce mariage à contre sens.
Une partie de ces gypseries montre un vase d'où sort un glaive immense qui explose en bouquet de fleurs à son sommet.
Le long de la tige, l'histoire de cet amour impossible est contée en une symbolique très naïve. Deux oiseaux se croisent sans se regarder, puis un de ceux-ci se tourne pour regarder, les deux se regardent, puis les deux croisent leurs becs et enfin près de l'explosion finale, les deux oiseaux sont l'un sur l'autre, leur amour est vainqueur malgré les difficultés.
La visite très superficielle de ce village, le temps est conté, se poursuit dans la visite des ruines de l'église St Martin de Volonne qui date du XIème siècle.
Elle est d'art premier Roman Méridional, art qui existe plutôt au XIIème siècle. Elle était en grande ruine, le toit ayant brûlé plusieurs fois et elle a été protégée par un toit partiel qui ne couvre que les murs et les colonnes.
La porte actuelle date de 1604, après le premier incendie dû aux guerres de religion, la porte centrale fut déplacée au fond.
Elle est de forme basilique car elle faisait partie d'un ensemble religieux très important qui s'explique par l'existence à ses pieds de la voie Salinienne venant de Nice qui croisait la Durance à ses pieds pour rejoindre, sur la rive ouest de la Durance, la voie Domitienne qui reliait l'Espagne à l'Italie du Nord. Le toit était en tuiles sur charpente bois, sauf l'abside en cul de four et les deux absidioles couvertes de lauzes.
Nous quittons Volonne et nous séparons devant un des monuments amusants de ce village. Un panneau en l'honneur de Napoléon qui lors de sa remontée de l'île d'Elbe s'arrêta à Volonne et, à la sortie du repas, s'arrêta pour y assurer un besoin naturel.
Ce moment a été immortalisé par une plaque, une inscription à peine lisible, qui semble écrite en provençal, sur une pierre d'une vieille bâtisse de campagne.
Eishi lou 5 de mars 1815 Napoléon Ier P.P
Ce qui signifierait en bon français :
Ici, le 5 mars 1815, Napoléon Ier passa et pissa !!
Notre retour vers notre village se fait en passant devant les Pénitents.
En effet la commune des Mées s’étend sur la vallée de la Durance et le rebord occidental du plateau de Valensole, dont le poudingue forme les curieuses formations géologiques appelées Pénitents.
J'avais vu ces structures et j'en avais parlé lors de ma visite au santonnier Patrick Volpés.
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Patrick Volpés, santonnier à Champtercier (1/2) - l'estrangiè e li santoun
Je suis allé voir le santonnier Patrick Volpés le 13 Février dans son village de Champtercier. L'altitude de Champtercier est de 700 mètres environ. On y compte 800 habitants dont, donc, Patric...
Je voulais rephotographier ces structures superbes en profitant de la luminosité particulière de ce 1er Février.
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