Le Massif des Costes se situe à l'est de Salon de Provence et représente 5 communes (Pelissanne, La Barben, Vernègues, Alleins et Aurons).
J'ai eu l'occasion de conter une visite assez détaillée de Vernègues ici :
Vernègues, superbe village martyr 1/2 - l'estrangiè e li santoun
Vernègues est une commune d'environ 2000 habitants située à une dizaine de km à l'est de Salon de Provence. Cette commune possède une histoire assez fantastique. Elle est construite à ses dé...
http://l-estrangie-e-li-santoun.over-blog.com/2018/09/vernegues-superbe-village-martyr-1/2.html
Ce Jeudi, nous avons réalisé avec l'association si sympathique des "Amis vieux Lançon", la visite d'une deuxième commune, celle d'Aurons avec un guide de l'Office de Tourisme.
La commune d'Aurons, située en altitude du massif à 225m ce qui lui donne une superbe vue sur le Sud, vers Aix et la Ste Victoire ou vers l'Etang de Berre et la Côte bleue.
La commune représente environ 500 habitants mais tous très attachés à la qualité architecturale de leur cadre de vie, entretenu et sauvegardé de façon exemplaire.
Le nom d'Aurons viendrait de aurochs, ancêtre des bovins, aujourd'hui disparu, cette origine expliquerait le bœuf doré qui orne le blason.
Quand on connaît l'origine assez proche des blasons actuels, cette signification semble très peu plausible et surtout peu provençale. J'aurais tendance à pencher vers deux autres origines : Auro, le vent, qui se justifierait plus, vu la hauteur du village ou Auroun, la source et au nombre très impressionnant de points d'eaux, cette explication me semble plus réelle.
Le village, de par sa structure, représente typiquement le village provençal perché avec ses monuments, ses rues étroites, ses maisons en pierre, ses arbres et places.
Le village est construit avec une pierre blanche contrairement à Vernègues qui, lui, a été construit avec une pierre jaune plus friable.
Les 2 villages étaient à l'épicentre du dramatique tremblement de terre du 11 juin 1909, l'un fut détruit et l'autre a bien résisté ce qui permet de trouver encore des monuments d'une qualité remarquable.
Le village est entouré de nombreux lieux à visiter mais cette fois-ci, nous ne visiterons que le village proprement dit.
Rendez vous est donné à la Mairie qui se situe depuis le début du 21ème siècle dans l'ancienne Cure Paroissiale. Le boulodrome est superbe et un restaurant fonctionne à l'année, les samedis et dimanches en période calme et tous les jours pendant les vacances. Une médiathèque, une école de 2 classes et un monument aux morts rappelle les saignées subies par ce village au cœur d'un important maquis de Provence.
En contrebas du boulodrome se trouve le lavoir et une fontaine moussue. Accolé au lavoir, un petit édicule servait pour emprisonner les fêtards avant de les déférer à la justice si nécessaire.
Le centre du village est marqué par un platane qui fête cette année ses 200 ans. Il a subi quelques graves dommages lors des dernières grosses tempêtes de vent, mais il semble sauvé. Son diamètre de tronc est de plus de 2m soit une circonférence de plus de 8 m.
En face, l'église date du 11ème siècle et elle a été longtemps un temple dans cette région très protestante. Les arbres devant l'église sont de superbes micocouliers, arbres natifs de Provence.
En haut de la rue qui longe l'église, un ancien puits communal a été restauré avec une pompe en cuivre construite avec un ancien obus de la guerre.
Juste en bas du village, c'est la route de l'accès principal du village, vers Pelissanne, traité comme un cours de grande ville, bordé de platane et de grandes allées piétonnes de chaque côté.
Le rond point est marqué par une fontaine reconstruite et surtout un puits couvert en domaine privé.
A côté se trouvent l'ancienne usine de confitures du pays, depuis partie, et les vergers d'abricotiers malheureusement laissés à l'abandon.
Le haut du village est dominé par les anciennes habitations troglodytes qui démontrent l'existence très ancienne d'occupation humaine. Certaines de ces grottes ont été restaurées par la municipalité pour en faire des lieux festifs.
Le sommet lui-même est occupé par les ruines du premier château datant du 10ème siècle.
Ce château a eu une vie très difficile, assiégé, population massacrée par Le Vicomte de Turenne en 1399, puis racheté par la maison de Cordoue en 1575, mais Richelieu fait détruire ce château lors des guerres de religion.
La famille de Cordoue reste seigneurs d'Aurons et reconstruit plus bas un château nouveau où elle réside jusqu'à la révolution, puis sans héritiers, c'est la branche du beau-fils de Florans qui devient propriétaire.
La dernière descendante meurt en 1937 et lègue son château à l'archevêché d'Aix qui le vend à Sœur Louise de St Vincent de Paul qui y établit des colonies de vacances. Lors de l'occupation du Sud de la France, les allemands occupent le bâtiment pour en faire un dépôt de munitions. Lorsqu'ils se sauvent en 1944, ils mettent le feu au dépôt qui explose et ne laisse derrière cet acte de barbarie tudesque que les deux tours les plus éloignées du bâtiment principal et les colonnes qui entouraient le parc. Celui-ci a été divisé en lots et vendu.
Images de l'ancien château avant l'explosion
Les restes du château Florans
Un réservoir à eau avait été construit par la famille Cordoue sur un point haut, il en reste les traces et un calvaire qui le marquait.
De l'explosion du château, une Vierge Miraculeuse qui se trouvait dans une chapelle a pu être retrouvée et sauvée. Elle a été mise en haut du village, vers les ruines de l'ancien château du Castellas et fait l'objet d'une procession chaque 14 Août.
Au moins un autre lavoir existe, dans le village même, petite placette surplombée d'un superbe pin parasol. Une autre placette est située au-dessus avec de superbes micocouliers.
La rituelle grande rue du village le traverse, de ce lavoir vers l'église, et s'y trouve un four banal superbement restauré.
Les rues du village sont typiques de Provence, de ses villages accrochés, rue circulaires et rejointes par des androunes et des escaliers. Une maison a été restaurée en conservant au dernier étage ce qui était à l'époque la salle de séchage du linge des différentes familles qui y logeaient.